La province de Namur, au coeur de votre quotidien

N° d'édition 0240
0239 | 0241

  • Expéditeur
    Félicien Rops
  • Destinataire
    [Maurice] [Bonvoisin]
  • Lieu de rédaction
    Paris
  • Date
    1880/06/22


Texte

[1r° : 1]
Mon Cher Vieux,
Je t’enverrai dans quelques jours les quelques pièces montées qui me restent prêtes et que j’avais préparée pour joindre à l’envoi : une dizaine de pièces. J’ai fait nettoyer un zinc très abîmé par un planeur habile : Vossel – un Flamand – que je te recommande à l’occasion, & j’en ai tiré hier des épreuves curieuses, je n’en tirerai que cinq ou six épreuves – parce que c’est une lettre qui n’a d’intérêt que pour les collectionneurs. – J’avais retrouvé dans « le paquet de Thozée » les premiers états de cette planche : – J’avais la migraine, je devais aller voir une dame, au lieu de lui écrire sur papier, j’ai pris un zinc et j’ai gravé ma lettre. – En quelques heures j’avais dessiné gravé – tiré – regravé « retiré » des épreuves de cette lettre. – Après l’envoi j’ai retouché la planche. – C’est cette lettre dont je te parlais à Paris il y a un an à propos de la lettre : Rorcourt en te disant : j’en ai fait une autre, mais je ne sais pas ce qu’est devenue la planche. – Enfin tu auras tout cela dans la collection. Je ne suis pas pressé – prends ton temps
[1v° : 2]
Je tiens à ce que ce dernier catalogue de l’œuvre soit bien fait. À ce propos si tu veux me donner un autre exemplaire de l’Œuvre de Rops. Je te renverrais mon exemplaire avec des annotations à chaque page qui indiqueront les erreurs et avec des notes sur quelques planches, mais il faut me promettre de me donner un autre exemplaire en échange de celui là ! Donnant - donnant. –
Seulement je te prie d’avoir grand soin de tout cela. Je ne pourrais remplacer ces épreuves. –
– Je suis enchanté pour le tirage (de six ou huit exemplaires dix au plus) du dernier état de En prenant le Thé, d’avoir pu retrouver, non sans peine, du Japon Blanc exactement le même que celui que j’avais à Thozée, et sur lequel beaucoup d’épreuves d’état sont tirées. – J’avais aussi à cette époque du papier lithographique blanc que j’ai pu me procurer encore chez les lithographes. – J’aime autant que possible, que les planches définitives soient tirées sur le même papier que les épreuves d’état – seulement c’est quelque fois difficile !
Puisque tu vas à Ostende n’oublie pas de parler à [Delbouille] de la question des ateliers. Il devrait bâtir des petites baraques à ateliers qu’il louerait à bon marché aux
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artistes – les parisiens viendraient. C’est ce qu’on a fait à Trouville. J’irai à Ostende & je lui parlerai de tout cela, – seulement comme tu le connais mieux que moi, tu auras sur lui une meilleure influence. Il devrait bâtir cela de façon que cela puisse se louer à très bon marché – qu’il fasse cela très loin même, cela ne fait rien. Le tout est de louer à bon marché. Inutile de te dire la réclame que cela fait à une ville d’eaux ces artistes bavards. Au galop. – grand travail par les temps.
À toi
Fély
Je crois que je vais retourner en Hongrie pour aller en Transylvanie et en Serbie – pas avant Aout.