La province de Namur, au coeur de votre quotidien

N° d'édition 2653
2652 | 2654

  • Expéditeur
    Félicien Rops
  • Destinataire
    [Léon?] [Dommartin?]
  • Lieu de rédaction
    s.l.
  • Date
    [1875]/00/[12] [+]
    Datation sur base de l'apostille.


Texte

[1r° : 1]
Mon cher Vieux,
Je serai Samedi matin à Bruxelles, je pars Vendredi par le convoi de nuit Viens à dix heures
Inutile de dire à Lambrichs que je passe par Bruxelles.. (Je compte le voir à Anseremme) – je partirai avec toi pour Anseremme Dimanche matin au premier convoi si cela te va.
Dis à ma femme je te prie que je voudrais voir Paul Samedi après son dîner s’il veut me faire le plaisir de venir à l’atelier j’en serai très heureux.
Exprime lui aussi mon contentement de savoir que Paul travaillait. – J’ai été en même temps également content d’apprendre que Paul était encore en vie.
Quant à sa décision dis lui que cette situation ridicule pour tous deux ridicule pour l’enfant ne pouvant se prolonger, je la prierais de vouloir fixer une date à sa bonne volonté afin que je sache quelles sont ses intentions
[1v° : 2]
après quoi je lui ferais savoir les miennes.
Je ne veux pas passer du tout pour un Monsieur que sa femme fait vivre o[ù] il lui plaît endehors de son domicile – à sa guise, – avec une « pension alimentaire ». Il est temps pour tous deux que cela finisse. – Si elle persistait à ne pas me recevoir à la fin de l’année. – je rentrerais tout simplement chez moi. – Donc je crois que pour éviter à Paul des scènes désagréables il est beaucoup plus convenable pour elle de fixer une date que j’accepterai, probablement si elle n’est pas trop éloignée. – On commence à dire et cela me revient par de bons camarades que ma femme, me fait une pension pour vivre hors de chez moi et que du moment o[ù] elle me paie « grassement » moi je m’en fiche.
Cela a été dit en un plein Salon Bruxellois seulement on a refusé de me dire o[ù] et qui – comme toujours.
Dis lui du reste que pour qu’elle ne croie pas que c’est pour avoir « ma table » chez elle que je veux rentrer chez moi je m’engage à ne pas lui coûter un centime & à prendre mes repas
[1r° : 3]
ailleurs.
Voilà. Va chez elle aujourdhui je te prie afin que Paul puisse venir me voir ce que j’exige.
Il est deja assez pénible d’apprendre par des étrangers ce qui concerne ma maison & d’être privé d’embrasser son fils le jour d’une distribution de prix.
Tout cela commence à me porter par trop sur les nerfs. – Ne fais pas de menaces d’ailleurs & ne lui gâte pas ce jour de distribution de prix, & de bonheur pour elle.
À toi & à bientôt Cher vieux
Fély
Viens à dix heures à l’atelier.