La province de Namur, au coeur de votre quotidien

N° d'édition 2680
2679 | 2681

  • Expéditeur
    Félicien Rops
  • Destinataire
    [Léon?] [Dommartin?]
  • Lieu de rédaction
    s.l.
  • Date
    [1877]/00/00 [+]
    Datation sur base de l'apostille.


Texte

[1r° : 1]
Mon Cher Vieux,
Reçu ta lettre, je vais tâcher fortement d’être des vôtres. Je reviens de Marlotte aujourdhui Jeudi. N’oublie pas Samedi une fois arrivé à la frontière de me télégraphier ton arrivée 17 Rue Mosnier. – Autre chose de très important que je te prie de ne point oublier. J’avais envoyé à Liesse un portrait de la petite Claire, il se trouve que Dupont a brisé le cliché par erreur & ce portrait se trouve être le seul qui reste. Avant qu’on n’en fasse un nouveau voudrais-tu prier Liesse de te le rendre. Je lui en enverrai un autre. N’oublie pas je te prie. Léon l’attend avec impatience ce portrait. Apporte ta lettre anversoise. Le beau Gouzien dormant vit encore. Arrive, je ne peux te donner un lit n’ayant plus d’atelier depuis deux mois & étant sur la branche mais cela ne nous empêchera pas d’être joyeux & de nous amuser fortement.
À toi & à bientôt
Fély
Il faut absolument que nous allions si
[1v° : 2]
nous le pouvons Dimanche voir le long Rocher avec les bouleaux en premières feuilles, – Cela ne coûte rien & c’est inoubliable. Jamais je n’ai rien vu d’aussi splendide. J’ignorais cela & j’en suis un peu honteux. Le père Corot – la seule fois que je l’ai vu, – m’avait dit : je lui parlais de Monaco, – « Tout cela c’est bien, mais cela ne vaut pas la mare aux fées au mois d’avril ! » – Et j’ai compris ! La Corniche n’est qu’un décor sans âme à côté du Long Rocher, – & tu penseras comme Corot et comme moi, toi qui est un paysagiste, d’avant l’invention du paysage, comme des montagnards que nous sommes.
Re À toi
F